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Ton père

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TON PERE

Texte de Christophe Honoré adapté et mis en scène par Thomas Quillardet

J’ai commencé à lire ce livre de Christophe Honoré en décembre 2017. Après sa lecture, je l’ai immédiatement contacté pour lui proposer de l’adapter au théâtre.
J’y ai vu un récit simple et poétique où ce qui est dit conjure la peur d’être différent, les doutes qu’une société corsetée installe dans les imaginaires de chacun.
Le récit est rapide, construit comme une intrigue policière, ce qui est un défi théâtral tout à fait stimulant. Cette narration très précise et haletante suit aussi les méandres de l’intime, du rêve, du désir, de la peur, de l’envie, du souvenir. Ce qui fait de Ton père un récit riche, complexe et nuancé oscillant sans cesse entre des puissances de vie et les assauts du réel.

Ce livre ne prend jamais les contours du manifeste.
C’est un livre qui doute d’abord et qui s’affirme ensuite.
J’aime les doutes du narrateur.
J’aime quand il se souvient de son adolescence en Bretagne. Et de ses
premiers désirs. De sa maladresse qu’il arrive à transformer en assurance.
J’aime la tendresse qui se dégage de ce récit.
Mais j’aime aussi son absence de complaisance.
J’aime voir ce père qui est père mais qui vit sa vie d’homme.
J’aime voir un homme qui ne lâche rien de ce qu’il aime.
J’aime voir un homme qui vacille et qui écrit qu’il vacille.

Ton père est un spectacle sur le doute. Comment agir quand la société nous renvoie que nous sommes douteux ? Qui doute de qui ?
Ton père est un spectacle sur l’héritage. Comment se construit notre histoire
intérieure et que transmet-on à nos enfants ? Que fait-on de nos souvenirs ? Où se logent-ils ?
C’est un spectacle qui interroge la famille, la filiation, la figure du père (plus largement celle des parents) et les choix de chacun.

Pour reprendre le titre du film de Jean-Luc Godard, c’est un récit qui invite à « vivre sa vie ».

Thomas Quillardet

 

infos sur https://theatre-cite.com/programmation/2020-2021/spectacle/ton-pere/

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Comme si nous…(BUS)

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COMME SI NOUS… L’ASSEMBLEE DES CLAIRIERES

Création de la compagnie l’Artifice sur un texte de Simon Grangeat

à partir de 8 ans

Fin avril 1999, entre Savoie et Isère, une chorale d’enfants disparaissait en rentrant de tournée. Un groupe entier, d’un seul coup. Sans un signe. Sans une trace. Passé le frémissement, le mystère cessa de faire recette et disparu dans l’oubli. Aujourd’hui, le théâtre reprend le fil de l’enquête avec une lecture nouvelle. Et si ce groupe n’avait pas disparu accidentellement ? S’il s’agissait d’une tentative délibérée d’évasion, de refus du monde guidé par l’impérieuse nécessité de vivre une aventure ? Comme si cette disparition était le premier pas vers un autre monde possible.

Ce « compagnonnage » entre l’auteur Simon Grangeat et le metteur en scène Christian Duchange, poursuit une exploration des territoires d’enfance. Parler d’enfance aux enfants. Redonner de l’enfance à celles et ceux qui sont à la fois puissants et fragiles. À celles et ceux dont le désir et le pouvoir d’imaginer s’émoussent face à la répétition mondialement répandue de rêves standardisés.
L’écriture de Simon Grangeat, tournée vers les adultes, est toujours préoccupée par la question d’un théâtre documentaire servi par les émotions de personnages aux histoires singulières et édifiantes. Un vrai/faux fait divers permet de donner aux jeunes spectateurs d’aujourd’hui une possibilité de « s’armer en pensée ». Les enfants de cette fable associent en effet leurs imaginations et leurs désirs pour construire un véritable collectif là où ils n’étaient, au départ, qu’un rassemblement. Ils revendiquent ensemble, à leur manière et à leur hauteur, une forme d’UTOPIE qui fait tant défaut à nos démocraties modernes. Loin de vouloir inviter les jeunes spectateurs d’aujourd’hui à trouver leur salut dans la fuite, cette pièce souhaite plutôt les faire résonner et raisonner sur l’urgence de se parler et de rêver ensemble d’un avenir collectif.

Le mot du Babel
Un autre texte de Simon Grangeat sera accueilli à St-Antonin en mars 2021, dans le cadre du Big Bang des arts coordonné par Tarn-et-Garonne Arts & Culture : « Terres closes », théâtre poétique et documenté sur le thème de l’exil. Des séances auront lieux pour les collégiens et en soirée tout public. Double occasion de découvrir l’écriture de cet auteur, aujourd’hui beaucoup traduite et régulièrement portée sur scène, qui se joue des formes documentaires et tisse des liens étroits entre création artistique et récit de notre monde.

 

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Ca ira (1) Fin de Louis

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CA IRA (1) FIN DE LOUIS

une création théâtrale de Joël Pommerat pour quatorze jeunes comédiens

durée 4h30 dont deux entractes

Ça ira (1) Fin de Louis est une fiction politique contemporaine inspirée du processus révolutionnaire de 1789. Qu’est-ce qui pousse des hommes à renverser le pouvoir ? Quels nouveaux rapports instaurer entre l’homme et la société, les citoyens et leurs représentants ? Entre fiction et réalité, Ça ira (1) Fin de Louis raconte cette lutte pour la démocratie.

« Il est très rare que le théâtre atteigne un tel degré d’intensité. » Télérama

Teaser : https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=Ler5icOoUWU&feature=emb_logo

 

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Je suis le vent

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JE SUIS LE VENT

Jon Fosse / tg STAN / Maatschappij Discordia

Jon Fosse parle avec empathie et amour de ceux qui restent sur le bord de la route, de ceux qui ne veulent ni ne peuvent souscrire à l’idéal de bonheur par la réalisation de soi. » Leif Zern

Deux hommes anonymes (appelés tout simplement l’Un et l’Autre) se retrouvent après plusieurs années, l’un d’eux étant parti il y a longtemps. Ils voguent ensemble sur l’océan à bord d’un voilier imaginaire. Conformément aux instructions de l’auteur « l’action aussi est inventée, imaginée, elle ne doit pas être accomplie, mais rester imaginaire. » Comme dans nombre d’autres œuvres de Fosse, le langage est extrêmement dépouillé : ce qui est tu a au moins autant d’importance que ce qui est dit. À nous – et aux acteurs – de combler les lacunes entre les paroles.

Le théâtre de Jon Fosse se refuse à lexplication comme à la métaphysique, il est dans lincertitude du présent. Je suis le vent est un spectacle en marge de projets de plus grande échelle de tg STAN et Maatschappij Discordia. Damiaan De Schrijver et Matthias De Koning l’ont traduit du norvégien en compagnie de Maaike van Rijn et lont monté́ tout de suite. Il fallait des acteurs de leur trempe, des acteurs de métier, pour jouer ce texte sur la corde raide, et une grande amitié́ pour tenter la traversée.

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Falaise (BUS)

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FALAISE
Baro d’evel compagnie

Ce spectacle est une reprogrammation de l’an dernier. De nombreuses places sont déjà réservées, mais il en reste un peu, tentez votre chance !

La compagnie Baro d’evel invente un monde poétique au fil de ses spectacles où se mêlent mouvement, acrobatie et musique. Après Bestias et , Falaise est leur nouvelle épopée où se rencontrent huit artistes, un cheval et des pigeons…
Dans un espace en noir et blanc à plusieurs étages, surgit une tribu venue d’on ne sait où. Est-ce la fin ou le début d’un monde ? Baro d’evel poursuit sa recherche d’un théâtre où s’imbriquent travail du corps et de la voix, transformation de l’espace et des matières, disciplines du cirque et spontanéité que l’animal impose aux acteurs. Pour trouver la pulsation qui relie les êtres et parvenir à une transe commune, susceptible de résister à un monde menacé d’éclatement.

Le mot du Babel
L’an passé nous avions découvert , spectacle éblouissant de poésie, premier volet d’un diptyque dont Falaise est le second volet.
Deux humains et un corbeau pie s’embarquant les uns les autres dans un drôle de ballet sensible et poétique, un geste brut et nu qui circule entre corps et voix, entre rythmes et portés, entre chute et élan.
Spectacle d’une beauté pure, déroutant et émouvant.

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