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Le dur désir de durer (BUS)

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LE DUR DESIR DE DURER

Théâtre Dromesko

Le Dur Désir de Durer démarre là où s’est arrêté Le Jour du Grand Jour, balayant les dernières traînes de mariées, faisant table rase du banquet pour aller ailleurs… aborder avec toujours autant de grâce et d’humour la folie d’un monde en marche vers son inexorable destin ; Le temps qui passe, l’abandon, le désenchantement, la fragilité de la vie, ses tempêtes aussi, jusqu’à la disparition, avec l’inconnu et le mystère qui nous attend tous, derrière la porte. On pourrait parler d’une suite. Ou plutôt d’une suite en avant, une grande panique face aux lendemains qui déchantent, avec dans le dos les rengaines du passé et sous les pieds le vertige d’être encore là aujourd’hui. Sur ce petit bout de plancher perdu au milieu du public, ponton flottant sur cette marée humaine, nous allons passer et repasser, courant ou traînant, seul ou nombreux allant toujours dans la même direction.
Se glisser dans la Baraque du Théâtre Dromesko, c’est accéder à un univers aussi fantasque que fantastique peuplé d’acteurs, de danseurs, de musiciens et d’animaux, fidèles compagnons que sont Charles, Carla, Diego,Tchoti…

Le Mot du Babel

« Le Jour du Grand Jour », en mode mariage en cabaret dans la chaleureuse et délirante baraque de la talentueuse équipe Dromesko, reste un vif souvenir des Transports Culturels en 2014. Quand petits et grands sont à la fois ravis et bousculés, par une dramaturgie qui offre à chacun-e mille possibilités de lecture, on touche au grand art.

https://www.theatregaronne.com/spectacle/2020-2021/le-dur-desir-de-durer

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Ma, Aïda…

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MA, AÏDA

Camille Boitel, Sève Bernard/L’immédiat  France-Japon

A PARTIR DE 8 ANS

Le vertige du cirque, la densité du théâtre, les sensations de la danse. Quatre artistes se livrent corps et âme à une quête frénétique. Trente-six variations sur des histoires d’amour impossibles. Acrobatique, burlesque. Grâce aérienne. Images séquencées. Autour d’eux, un décor important et des meubles entassés qui, inexorablement, s’effritent, se délitent, tombent. Une machinerie incroyable pilotée au plateau, tant au-dessus qu’au-dessous, par des manipulateurs d’objets, des techniciens qui font valser les codes et les corps. On n’en croit pas ses yeux. Du jamais vu. Ahurissant. Un éloge à la machinerie du théâtre. Au milieu de ce chaos, de ce tas de bois mêlé de poulies, de guindes, de rouages, la magie de ces amants terribles habités par la vie. Profondément. Jusqu’à la moelle.
Ils sont rejoints ici par un autre couple de musiciens/performeurs (les Japonais Tokiko Ihara et Jun Aoki), qui ajoutent encore à la poésie lunaire de cette symphonie de ratages (tous très réussis).
Camille Boitel se produit comme artiste de rue dès l’âge de 12 ans, aux côtés de sa sœur Raphaëlle, contorsionniste. Il fait la rencontre d’Annie Fratellini qui l’invite à intégrer son école gratuitement. Il travaille alors sur la création de La Symphonie du Hanneton de James Thierrée. Lauréat du Prix Jeunes Talents Cirque en 2002 et du Prix Mimos du Festival du Mime de Périgueux en 2010, il part au Japon en quête de recherche artistique. Il en revient avec des envies sur la fissure et la fragilité de l’immédiat, retravaille des projets sans lassitude ni peur d’échouer, tentant l’impossible le temps qu’il faut : le cirque ne s’envisage pas sans vertige ni dépassement des limites.

Le mot du Babel
Camille Boitel nous a déjà touchés au coeur à deux reprises avec ses variation comiques (L’Immédiat et L’Homme de Hus). Ma, Aïda… se révèle être un superbe hommage au spectacle vivant : tout ici fait sens, du décor qui se défait aux acteurs-manipulateurs-musiciens qui lui survivent. Poésie à tous les étages en prime.

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Grand Finale

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GRAND FINALE

HOFESH SHECHTER COMPANY 10 danseurs, 6 musiciens

Mi-chorégraphe, mi-rockstar, Hofesh Shechter réagit à l’état du monde avec un Grand Finale qui résonne comme une détonation.

Ses spectacles ressemblent souvent à des concerts de rock, décibels et transe à l’appui. Dans son dernier opus, Grand Finale, le chorégraphe britannique d’origine israélienne Hofesh Shechter baisse pour une fois le volume – pour mieux le remonter. Un petit ensemble de musiciens éclectiques, présents sur scène, y rivalisent avec des vagues de musique électronique, et une violence qui ne cesse de faire intrusion. Fresque en prise avec son époque, Grand Finale évoque un monde en chute libre, déchiré par la guerre et les attentats, traversé de murs symboliques. Au coeur de cette vision apocalyptique, les danseurs font vibrer une chorégraphie viscérale, où l’on retrouve les racines d’Hofesh Shechter, ancien de la Batsheva Dance Company. Fantômes et soldats peuplent ses danses macabres, entre influences folkloriques et saisissants effets de masse. Une oeuvre monumentale, à la rage salutaire.
 
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Falaise (BUS)

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FALAISE
Baro d’evel compagnie

Ce spectacle est une reprogrammation de l’an dernier. De nombreuses places sont déjà réservées, mais il en reste un peu, tentez votre chance !

La compagnie Baro d’evel invente un monde poétique au fil de ses spectacles où se mêlent mouvement, acrobatie et musique. Après Bestias et , Falaise est leur nouvelle épopée où se rencontrent huit artistes, un cheval et des pigeons…
Dans un espace en noir et blanc à plusieurs étages, surgit une tribu venue d’on ne sait où. Est-ce la fin ou le début d’un monde ? Baro d’evel poursuit sa recherche d’un théâtre où s’imbriquent travail du corps et de la voix, transformation de l’espace et des matières, disciplines du cirque et spontanéité que l’animal impose aux acteurs. Pour trouver la pulsation qui relie les êtres et parvenir à une transe commune, susceptible de résister à un monde menacé d’éclatement.

Le mot du Babel
L’an passé nous avions découvert , spectacle éblouissant de poésie, premier volet d’un diptyque dont Falaise est le second volet.
Deux humains et un corbeau pie s’embarquant les uns les autres dans un drôle de ballet sensible et poétique, un geste brut et nu qui circule entre corps et voix, entre rythmes et portés, entre chute et élan.
Spectacle d’une beauté pure, déroutant et émouvant.

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